Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for juillet 2011

Y a rien à faire, il faut que je mette mon grain de sel ! Vous comprenez bien que je ne peux pas laisser dire des choses sans parler moi aussi de ce que je sais, c’est ma réputation qui est en jeu. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer à me faire du mal, alors je vais vous dire ce que je sais sur l’édition de Kehl, de 1785 s’il vous plait.

Mais je ne peux en parler en oubliant Voltaire. Ce que je voudrais simplement évoquer c’est que c’était un drôle de bougre. D’abord il a vécu près de 84 ans, quelle effronterie de vivre si longtemps à une époque où la durée de vie était si brève qu’on était considéré comme un vieillard à 40 ans. D’autant plus que tout était fait pour lui compliquer la vie : arrestations intempestives sans motivation, une lettre de cachet suffisait…difficile à avaler le cachet. En même temps on interdisait tous ses écrits, il était contraint à l’exil pour publier. Ça lui a d’ailleurs pas mal réussi car il a connu du beau monde parmi les puissants de cette Europe de l’époque (entre autres Catherine II de Russie qui s’est aussi mêlée d’éditer les oeuvres de Voltaire et qui voyait l’édition de Kehl comme concurrente, ce qui lui faisait dire que Beaumarchais allait « figaroïser » l’œuvre de Voltaire…Jalousie, quand tu nous tiens), et aussi il nous a rapporté d’Angleterre les écrits de Newton…oui, oui, le savant qui regardait tomber les pommes, ça fait germer les idées paraît-il. Bref, sans rapport avec les pépins, ses vagabondages européens furent enrichissants pour tous mais pas pour lui car les droits d’auteur n’existaient pas encore et les éditeurs ne rémunéraient jamais, ou de façon très anecdotique, les auteurs.   A une époque où il n’y avait ni machine à écrire, sauf la plume d’oie, ni ordinateur, il fallait croire en ses écrits pour s’acharner à ce point. Si vous me permettez un aparté personnel, c’était le temps du « scripta manent », quel avantage ! il était encore possible de garder ou éditer les écrits et notamment la correspondance, alors que des simples traces informatiques vont se perdre dans les sables du temps, nous avons réussi à rendre les écrits volatils : « scripta volent ».

Publicités

Read Full Post »

Dans le silence de la bibliothèque, Camus me parle, se révolte, m’emmène avant ma naissance pour m’aider à comprendre ce que je suis. Nietzsche m’amuse, comme on rit de ces êtres qui nous dépassent car, au-delà de l’affectif, ils ont plus et mieux pensé que nous. Malraux m’ennuie de son écrasante domination pédante. Cocteau papillonne et volette pour donner à sa profondeur de vue l’éclat du superficiel….Chaque écrit me concerne, fait que je me sens accompagné par quelqu’un qui m’offre une dimension de vie hors du temps et qui me donne envie de le connaître, l’apprécier ou le rejeter.

Que d’intrigues autour d’un livre. Pas seulement ce qu’il dit bien sur, mais aussi qui parle, dans quelles circonstances ce livre a été écrit, qui l’a porté sur les fonts baptismaux de l’imprimerie, qui l’a relié, illustré, acheté, puis vendu ou transmis ? Autrement dit de quel bois est fait l’homme qui l’a écrit, de quelle trempe est celui qui l’a imprimé et relié, à la suite de quels hasards ai-je la chance de l’avoir dans la main aujourd’hui ?

Et surtout, maintenant nous pouvons offrir une grande respiration à notre bibliothèque en laissant grande ouverte la fenêtre de notre écran pour pouvoir échanger nos informations, donner notre point de vue et apporter chacun une petite pierre pour réveiller ces géants qui sommeillent et ont tant de choses à nous dire…

Qu’en pense l’ânesse docte ? https://alibabelbook.wordpress.com/lanesse-docte/

Read Full Post »